“Wols,” by Michel Ragon, Jardin des Arts, May 1963; version originale followed by translation and afterward

wols small threeWols before Wols: Otto Wols, “Matériaux Rares,” 1939. Watercolor and ink on paper, signed at lower-right “Wols.” Featured during Artcurial’s June 2, 2015 Impressionist and Modern sale. Image copyright and courtesy Artcurial.

Like what you’re reading on the Maison de Traduction? Next month, Paul travels to Paris to attend a translation festival, attempt to meet with Michel Ragon, and get vital dental and medical care. Please support this voyage by making a donation via PayPal. You can designate your PayPal donation in $ or Euros to paulbenitzak@gmail.com . Or write us at that address to find out how to donate by check.

Dans les années 1947-1948, il m’arrivait fréquemment de rencontrer à Saint-Germain-des-Prés un vieil homme qui marchait pesamment en s’appuyant sur une canne, la tête nue avec des cheveux en couronne au-dessus d’un front très dégarni. Il vivait dans une petite chambre d’hôtel avec sa femme, jouait du banjo, buvait sec. On le disait protégé par Sartre et Simone de Beauvoir. Coup sur coup, deux événements avaient attiré l’attention sur cet étrange personnage : une exposition à la galerie Drouin, place Vendôme, qui était alors la galerie la plus à l’avant-garde de Paris, et une grande peinture insolite au Salon des Réalités Nouvelles, qui ne ressemblait à rien de connu. Ce bohème, qui se nommait Wols, mourut trois ans plus tard, et j’appris alors avec stupeur qu’il n’avait que trente-sept ans.

Un Maudit

On peut lire couramment les déclarations allègres de certains journalistes qui avancent, avec une nuance d’ailleurs condescendante, qu’il n’existe plus aujourd’hui de peintres maudits. Wols fut aussi maudit que Van Gogh, et le parallèle entre ces deux artistes également hallucinés ne s’arrête pas là. Tout comme Van Gogh a réalisé son œuvre personnelle dans les deux dernières années de sa vie et est mort lui aussi à trente-sept ans, Wols n’a commencé son œuvre de peintre « informel » que six ans avant sa mort. Mais tout comme les deux dernières années de Van Gogh résument toute sa vie et en constituent l’explosion, les six dernières années de la vie de Wols remettent tout l’art moderne en question et lui ouvrent une nouvelle voie inattendue. En si peu de temps, Wols, tout comme Van Gogh, aura tout bouleversé. Wols restera une date aussi importante dans l’histoire de la peinture que son compatriote Einstein dans l’histoire de la science. La désintégration des formes à laquelle se livre le peintre correspond d’ailleurs à la désintégration de l’atome, conséquence des recherches de Einstein. Parallèle, évidement, que l’on établit après coup. On était bien loin de croire, en 1947, lorsque Wols n’arrivait pas à payer son terme à l’hôtel meublé minable où il logeait, que cet artiste famélique susciterait un jour des comparaisons avec les événements scientifiques qui, depuis Hiroshima, hantaient les esprits.

Qui était Wols? D’où venait cet étranger, ce vagabond, ce faux vieillard usé prématurément? Bryen et Mathieu étaient ses amis et l’entouraient d’une admiration qui ne s’est jamais démentie. Henri-Pierre Roché, singulier personnage lui aussi, grand collectionneur et écrivain à succès (posthume) depuis que Truffaut a tiré de son roman “Jules et Jim” le film que l’on sait, Henri-Pierre Roché, qui le rencontra dans le sud de la France pendant la guerre et lui acheta cinquante gouaches en trois ans, nous le décrit jouant du Bach sur son banjo, avec son chien, sa bouteille et sa pipe, vénérant Lao-Tseu, détestant Confucius, et « s’humectant comme un coton de briquet ».

L’historien d’art Werner Haftman nous le montre ensuite à Paris, dans sa petite chambre d’hôtel, « allongé sur son lit, souvent les yeux fermés — fermés pour voir mieux — enregistrant sur de petits bouts de papier le fleuve continu des images qui surgissent d’une source puissante et secrète. Tout cela au milieu de discussions turbulentes de ses amis ou du passage souvent tumultueux de visiteurs étrangers ».

Une Éducation de Petit Prince

Wols s’appelait de son vrai nom Otto Alfred Schulze Battmann. Né le 27 mai 1913 à Berlin, s’il n’était pas mort prématurément, nous fêterons aujourd’hui son cinquantenaire, et il serait sans aucun doute aussi célèbre qu’il l’est, et riche. Car il n’y a plus de peintres maudits dans la mesure ou ceux-ci ne meurent pas jeunes. Van Gogh ou Modigliani, vivant aussi longtemps que Picasso, seraient devenus, eux aussi, riches et considérés.

Wols était d’une famille saxonne qui, traditionnellement, fournissait de hauts fonctionnaires à l’État. De 1919 à sa mort, en 1929, son père fut même chef de chancellerie de l’État de Saxe, ce qui lui valait le surnom de « roi non courronné de Saxe ». Mélomanes, grands lecteurs, passionnés de botanique et de géologie, les parents de Wols lui donnèrent une éducation de petit prince. Il étudia la musique très jeune et semblait, à dix-sept ans, en raison de ses dons, être voué à la direction d’orchestre. Mais en même temps il montrait des qualités exceptionnelles pour la photographie, la mécanique et l’anthropologie. Élève de Frobenius, à l’Institut des Études Africaines de Francfort, puis de Gropius, au Bauhaus de Dessau (où il eut également des conversations avec Mies van der Rohe et Moholy-Nagy), il fuit le nazisme en 1932 et arrive à Paris.

Ce jeune homme de dix-neuf ans peint ses premières aquarelles sous l’influence de Klee et rencontre dans la capitale française Miro, Ernst, Tzara, Léger, Arp, Giacometti et Calder, à qui il donne des leçons d’allemand.

L’année suivante, en février, il rencontre Grety, son aînée de quinze ans, qui deviendra sa femme. Tous deux partent pour l’Espagne, pour Barcelone et Ibiza, où Wols gagne sa vie en photographiant des chiens de luxe et des bébés. Mais deux ans plus tard, le consulat d’Allemagne le fait arrêter comme réfractaire au service militaire. Après trois mois de prison, il est expulsé d’Espagne et passe les Pyrénées à pied, sous la neige.

En 1937, il prend le pseudonyme de Wols pour une exposition une exposition de ses photos dans une galerie parisienne. Sa vie devient plus facile, l’Exposition Internationale de Paris lui ayant accordé en tant que photographe l’exclusivité du Pavillon de l’Élégance. Mais la guerre ne tarde pas à arriver. Sujet allemand, Wols est interné dans les camps de concentration de Montargis, de Neuilly, de Nimes, d’Aix-en-Provence. Il y découvre le refuge de l’alcool, auquel il fera appel désormais pour stimuler ses rêves.

Les Bateaux-Rêves

Libéré en 1940, il s’installe à Cassis, puis à Dieulefit in the Drôme. Il réussit à vendre quelques gouaches et dessins, notamment à Henri-Pierre Roché. Les années 1941-1942 sont cruciales pour Wols. La misère, la prison en Espagne, les camps de concentration en France l’ont terriblement mûri. Il n’a pas encore trente ans, et sa vie est déjà encombrée d’epreuves, de tribulations. Sans doute est-ce cela qui lui fait écrire : « La première chose que je chasse de ma vie, c’est la mémoire. » Ses gouaches et aquarelles sont un journal intime qu’il tient parallèlement aux poèmes qu’il écrit. « On raconte ses petits contes terrestres à travers de petits bouts de papier », dit-il avec une ironie douloureuse. Il est en effet, avant tout, poète, nourri de la lecture de Baudelaire, de Poe, de Rimbaud, de Lautréamont, de Novalis, de Shelley, d’Artaud, de Kafka, de Faulkner et de Morgenstern. Un poète parti pour un voyage sans retour avec ce qu’il appelle ses “bateaux-rêves” (il rêvait de construire une barque et d’y vivre). Ces bateaux, qui peuplent ses aquarelles, font surgir évidemment les images du “Bateau Ivre” de Rimbaud et de la Barque du Dante. Ils accostent parfois à des villes, ces villes que Wols dessine méticuleusement, en miniaturiste, avec leurs perspectives, et qu’il livre ensuite à des monstres. Végétations imaginaires, personnages farfelus, phallisme : le monde des gouaches de Wols se situe entre le surréalisme et l’expressionnisme. Pour étranges qu’elles soient et parfaites dans leur dessin aigu, ces gouaches n’étaient pas à la hauteur du génie de Wols. Mort cinq ans plus tôt, Wols n’aurait été qu’un petit maître se plaçant à l’ombre de Klee. Ses premières aquarelles de 1932-33 nous montrent, en effet, des scènes aériennes, des villes rêvées, des mirages, des elfes. Bientôt, néanmoins, le jardin fabuleux de Klee devait être piétiné par des monstres. On ne sait rien des aquarelles que Wols fit en 1934-36 en Espagne, puisqu’elles ont été perdues lorsque l’artiste a été jeté en prison, puis expulsé. Mais elles devaient sans doute faire le lien entre Klee et Bosch. Ainsi, Wols passait-il d’un surréalisme tendre à un expressionisme qui le rapprochait de Grosz, de Kokoschka, de Ensor et même de Otto Dix.

Comme ces aquarelles et gouaches sont la partie la plus abondante de son œuvre, c’est surtout cet aspect de Wols que l’on voit dans les galeries. C’est aussi l’aspect le plus agréable, le plus facile. Il ne permit malheureusement pas de se rendre compte de l’importance de l’œuvre de l’artiste. C’est comme si l’on montrait perpétuellement “Les Mangeurs de pommes de terre” de Van Gogh en tenant les paysages d’Arles et d’Auvers-sur-Oise hors du regard du public.

On ne répétera jamais assez que ces gouaches et aquarelles ne sont que du Wols avant Wols, les œuvrettes d’un homme qui ne savait pas encore s’il était poète ou peintre, photographe ou philosophe. Car Wols n’a réalisé une œuvre de peintre qu’à son insu. Il ne se disait pas peintre, refusant obstinément de faire carrière e tallant jusqu’à tenter de faire interdire par le commissaire de Police l’exposition que sa femme et René Drouin avaient organisée en 1947 ; visitant d’abord les expositions avec son chien, auquel il montrait sérieusement chaque tableau, puis partant précipitamment en compagnie de son plus cher copain avant le vernissage.

L’œuvre vraiment personnelle, exceptionnelle de Wols, ne commence qu’en janvier 1946, lorsque, après beaucoup d’hésitations, il se décida à aborder la peinture à l’huile sur toile. « Les mouvements des avants-bras et des bras pour peindre une toile, c’est déjà de l’ambition et de la gymnastique, disait-il. Je ne veux pas. »

Confusément, il pressentait sans doute qu’en abordant la peinture à l’huile sur toile et le grand format il abandonnait le poème et le journal intime pour la vie publique.

Naissance de l’Informel

Entre ses gouaches et ses peintures à l’huile, la rupture est absolue. D’abord, il abandonne l’image anecdotique (même s’il s’agit d’une image rêvée, c’est néanmoins une anecdote) pour le chaos. Ce nouveau peintre abstrait qui apparaît brutalement pour la première fois au Salon des Réalités Nouvelles de 1947 ne ressemble à personne. Ce qu’il expose, c’est à la fois une gifle et un crachat, une explosion et les entrailles fouillées par la pythonisse. On en demeurait surpris, choqué et inquiet. Au même moment, par quel curieux hasard, Pollock se livrait au ‘dripping’ le plus déliriant à New York, et c’est de ces deux délires que devait naître l’Ecole informelle.

Étrange destin que celui des œuvres d’art ! Wols et Pollock, tous deux maudits, tous deux alcooliques, tous deux hors série, tous deux objecteurs, tous deux « contre », tous deux mal pensants, tous deux destructeurs, tous deux morts tragiquement à l’aube de leur vraie carrière, auront suscité un courant nouveau qui a fait la fortune de leurs suiveurs. Et ce courant qui, avec eux, était torrent furieux, lave incandescente, giclée de sang, est devenu rapidement conformisme, formules, et commerce.

En 1949, Wols expose à la galerie del Milione à Milan, puis l’année suivante à la Hugo Gallery de New York. Et c’est fini. Le 1er septembre 1951, à midi moins le quart, Wols meurt soudainement.

Il venait juste de commencer à trouver la paix dans sa petite maison de Champigny, où les premières ventes de ses œuvres lui avaient permis de se retirer. Huit mois auparavant, après soixante-cinq jours de traitement, il était sorti de l’hôpital Saint-Antoine, désintoxiqué et heureux de l’être. Il menait une vie saine, sautant du lit à six heures du matin pour descendre dans son jardin voir se lever le jour. Il pouvait se promener avec son chien, ne fumait presque plus. Sa mort demeure mystérieuse. Certains l’attribuent à la cure de désintoxication. Grety Wols, elle, s’accuse avec exaltation de l’avoir empoisonné par mégarde.

« Il eut une faim subite au milieu de la nuit. Je fouillai le garde-manger. Je trouvai du cheval haché de l’avant-veille, je le fis cuire. Il l’avala à l’instant. Le lendemain, il fut pris de douleurs. On l’emmena à l’hôpital. C’étaient encore les vacances. On manquait de médecin. Il y eu des malchances. Je ne songeai pas à parler du cheval haché. Son état empira. Il mourut. Je l’ai tué peut-être. »

En 1958, une grande rétrospective de l’œuvre de Wols eut lieu à la biennale de Venise. La gloire posthume commençait.

L’informel de Wols est, si l’on veut, une sorte d’écriture automatique. Dans ce sens, il se rattache à l’esprit surréaliste qui avait animé ses premières œuvres. Mais il dépasse de beaucoup l’esthétique surréaliste. Son automatisme est d’ailleurs plus « psychologique » que pictural. Il dépasse le surréalisme, comme il dépasse l’expressionisme. Il est un des premiers expressionnistes abstraits et, avant que la mode soit au Zen, profondément marqué par la mystique chinoise.

Il est superflu
de nommer Dieu
ou d’apprendre quelque chose par cœur.

Quand on a en vue un chemin
vers le ciel
les détails perdent leur importance
mais restent charmants.

Une prière de moins de deux mots
peut tenir l’univers.

L’insaisissable pénètre tout.

Non, ces poèmes si concis ne sont pas de Lao Tseu, mais de Wols.

Concis, minutieux, précis, aigu, Wols l’était aussi dans ses gravures. Aussi brève qu’ait été sa « carrière », il eut le temps néanmoins d’illustrer Kafka (“L’invitè des Morts,” 1948), Antonin Artaud (“Le Théatre de Séraphin”), Jean Paulhan (“La Bergère d’Écosse,” 1948, et des “Poèmes Chinois” traduits par Paulhan), Jean-Paul Sartre (“Visages,” 1948, et “Nourritures,” 1949), Camille Bryen (“Baleine-Ville,” 1949), René de Solier (“Naturelles,” 1948).

Comme on le voit, ce grand travail d’illustrateur se situe dans deux des années les plus fécondes pour son œuvre : 1948-49, pendant lesquelles il réalisera également quelques-unes de ses plus belles peintures.

Wols rejoint déjà dans la légende Nicolas de Staël, Atlan, et Franz Kline, foudroyés comme lui dans la pleine maturité de leur talent.

Translation by Paul Ben-Itzak:  

In the years 1947 – 1948, in Saint-Germain-des-Prés, I sometimes came across an old man who walked heavily, supported by a cane, his head garnished only by a wreath of hair over a balding forehead. He lived with his wife in a small hotel room, enjoyed playing the banjo, and did his drinking straight up. He was said to be protected by Sartre and de Beauvoir. Then two events in quick succession drew the public’s attention to this extraordinary personage: an exposition at the Drouin gallery on the place Vendôme — at the time the most avant-garde gallery in Paris — and a large, unusual painting displayed at the Salon des Réalités Nouvelles which resembled nothing ever seen before. This Bohemian individual, who called himself Wols, died three years later — when I learned with stupor that he was only 37 years old.

Cursed

It’s become popular for certain journalists to declare, with an air of condescension, that there’s no such thing these days as cursed painters. Wols was just as cursed as Van Gogh, and the parallel between the two equally possessed artists doesn’t stop there. Just as Van Gogh realized his most personal work in the last two years of his life and also died at 37, Wols only began work on his “informal” paintings six years before his death. And just as Van Gogh’s final two years both summed up his whole life and constituted the explosion, the last six years of Wols’s life threw all modern art into question and opened up a new, unexpected path for him. In very little time Wols, just like Van Gogh, altered the rules of the game. Wols signifies a turning point as important to the history of painting as were his compatriot Einstein’s advances in the domain of science. Moreover, the disintegration of forms to which the painter devoted himself corresponds with the disintegration of the atom that followed from Einstein’s research. A parallel that came to light, obviously, after the fact. It would have been hard to imagine in 1947, when Wols couldn’t even manage to pay the rent for his seedy furnished hotel room, that this starving artist would one day elicit comparisons with the scientific events which, since Hiroshima, haunt our collective consciousness.

Who was Wols? Where did this outsider, this vagabond, this prematurely eviscerated simile of an old man come from? Bryen and Mathieu were his friends and surrounded him with an unflagging admiration. Henri-Pierre Roché, himself a singular personage, grand art collector and (posthumously) acclaimed writer from the moment Truffaut turned his novel “Jules and Jim” into the celebrated film of the same name, Henri-Pierre Roché, who met Wols in the south of France during the war and bought 60 gouaches from him in three years, describes him for us playing Bach on his banjo, with his dog at his feet, his bottle ready, and his pipe in hand, venerating Lao-Tseu, detesting Confucius, and “dousing himself like a lighter’s wick.”

The art historian Werner Haftman next shows Wols to us in Paris, in his tiny hotel room, “stretched out on his bed, often with the eyes closed — in order to see better — recording on tiny scraps of paper the continuous flow of images springing from a powerful and hidden well. All this amidst the turbulent discussions of his friends or often tumultuous passage of foreign visitors.”

An education à la le Petit Prince

Wols was born Otto Alfred Schulze Battmann on May 27, 1913, in Berlin. If he hadn’t died prematurely, we’d be celebrating his 50th birthday this month — and he’d no doubt be as famous as he already is, and also rich. Because for painters, being cursed goes hand in hand with dying young. Had they lived as long as Picasso, Van Gogh and Modigliani would have been just as rich and celebrated.

(Here Ragon recounts how, born to a Saxon family that regularly furnished high officials to the State, his parents grand readers passionate about botanics and geology, Wols was educated in the manner of a “petit prince.” He studied music and seemed destined to direct an orchestra. But he also displayed exceptional talent for photography, mechanics, and anthropology. A pupil of Frobenius at the Institute of African Studies in Frankfurt, then of Gropius at the Dessau Bauhaus — where he also frequented Moholy-Nagy — Wols fled the Nazis in 1932 for Paris. There he painted his first watercolors, under the influence of Paul Klee, and also encountered Miro, Ernst, Tzara, Léger, Arp, Giacometti and Calder, to whom he gave German lessons. The next year he met Grety, 15 years his senior, who became his wife. They travelled to Barcelona and Ibiza, where Wols earned a living photographing babies and luxury dogs. In 1934, at the behest of the German consulate, he was arrested for refusing military service and expelled from Spain three months later, making his way across the Pyrenees by foot and through snow back to France. Ragon continues:)

In 1937, he adopted the pseudonym Wols for an exposition of his photographs at a Parisian gallery. His life became easier, the International Exposition of Paris having accorded him, in his role as a photographer, exclusivity for the Pavilion de l’Élégance. But the war didn’t tarry to arrive. A German citizen, Wols was interned in the concentration camps of Montargis, Neuilly, Nimes, and Aix-en-Provence. He found consolation in alcohol, on whose powers he’d henceforth call to stimulate his dreams.

Boats of Dreams

Liberated in 1940, he moved to Cassis, a half hour from Marseille, then to Dieulefit in the Drôme. He was able to sell several gouaches and drawings, notably to Henri-Pierre Roché. The years 1941-1942 were crucial for Wols. Misery, the Spanish prison, the French concentration camps — all these had taken their toll and arduously ripened him. He’d not yet attained 30, and his life was already overloaded with trials and tribulations. It was without doubt this heavy charge which compelled him to write: “The first thing that I’ll chase from my life will be memory.” His gouaches and watercolors form a sort of diary that he kept, simultaneously with the poems he wrote. “With minute slips of paper, one is able to tell little earth-bound fairy-tales,” he noted with a painful irony. Wols was, in effect, first and foremost a poet, nurtured on Baudelaire, Poe, Rimbaud, Lautréamont, Novalis, Shelley, Artaud, Kafka, Faulkner, and Morgenstern. A poet embarked on a one-way trip on what he called his “boats of dreams” (his dream was to build and live on a bark). These boats, which peopled his watercolors, evidently evoked images of Rimbaud’s “Drunken Boat,” as well as Dante’s Bark. At times they accosted towns, towns that Wols meticulously drew, as miniatures, with their individual perspectives, and that he’d then depict being delivered to monsters. Imaginary vegetation, comical personages, phallic images: the world of Wols’s gouaches was situated somewhere between surrealism and expressionism. As strange as they were — and as perfect as they were in their acute detail — these gouaches did not do justice to Wols’s genius. If he’d died five years earlier, Wols would have been considered no more than a minor master living in Klee’s shadow. His initial watercolors from 1932-33 reveal scenes of dream cities, mirages, elfs…. Soon, though, Klee’s fantastic garden would be trampled by monsters. We know little of the watercolors Wols produced from 1934 to 1936 in Spain, lost when the artist was thrown in prison, then expelled. But they’d without doubt trace the line between Klee and Bosch. Thus, Wols passed from surrealism-light to a form of expressionism which approached that of Grosz, Kokoschka, Ensor, or even Otto Dix.

As these watercolors and gouaches make up the most abundant part of his oeuvre, it’s above all this aspect of Wols that one finds in the galleries. This is also the most palatable aspect, the most decipherable, of his work. But it doesn’t allow us to appreciate the importance of the artist’s accomplishment. It would be like perpetually trotting out Van Gogh’s “Potato Eaters” and concealing his landscapes of Arles and Auvers-Sur-Oise from the public.

It cannot be over-emphasized that these gouaches and watercolors are merely Wols before Wols, the minor works of a man who’d not yet discovered if he was a poet or a painter, a photographer or a philosopher. Because Wols’s evolution into a painter was unconscious. He did not call himself a painter, obstinately refused to make a career of it, and even went so far as ask the police to prevent an exhibition of his work organized by his wife and René Drouin in 1947. He’d first visit the exhibitions with his dog, to whom he’d seriously mount each painting ahead of precipitously taking off before the opening in the company of his best friend.

Wols’s genuinely personal and exceptional oeuvre only began in January 1946 when, after much hesitation, he decided to start working with oil on canvas. “Already, the movements of the forearms and the arms necessary to paint a canvas depend on ambition and gymnastics,” he’d say. “Not for me.”

It was as if he had a vague presentiment that in committing himself to painting in oil on canvas and in large formats, he’d be sacrificing poetry and diary writing for a life in the limelight.

The Birth of the Informal

The rupture was complete between Wols’s gouaches and his oil paintings. First he abandoned the anecdotal image (for even if it was a dream image, it was still an anecdote) and replaced it with chaos. This new abstract painter who emerged abruptly for the first time at the Salon des Réalités Nouvelles in 1947 resembled no one ever seen before. The work he exposed was both a slap in the face and a spit in the eye, like entrails rooted out by a python. Those who discovered it remained surprised, shocked, and disturbed. At the same time, and by a curious accident, Pollock was launching himself in the frenzy of ‘dripping,’ and it was from these two simultaneous deliriums that the Informal School would be born.

Oeuvres of art are certainly destined for a strange fate! Wols and Pollock, both cursed, both alcoholic, both particular, both objectors, both “against,” both prey to dark thoughts, both self-destructive, both dead tragically at the dawn of their real careers, created a new current of art which made those who came after them rich. And this current which, with them, became a furious torrent, bathed with incandescence, spurting blood, rapidly devolved into conformity, the formulaic, and commerce.

In 1949, Wols exposed at the Milione Gallery in Milan, then the following year at the Hugo Gallery in New York. And then it was over. On September 1, 1951, at a quarter before noon, Wols died a sudden death.

He’d only just begun to find peace in his petite house in Champigny outside Paris, to which the initial sales of his work had allowed him to retire. Eight months earlier, after undergoing 65 days of treatment, he’d left the Saint-Antoine Hospital, disintoxicated and happy to be so. He was leading a healthy life, hopping out of bed at 6 every morning so that he could go down to his garden and watch the sunrise. He could walk his dog, and had more or less quit smoking. His death remains shrouded by mystery. Some attribute it to the disintoxicaiton cure. Grety Wols, for her part, blames herself, exaltedly, of having inadvertently poisoned him.

“In the middle of the night, he suddenly got hungry. I scoured the pantry. I found some ground horse-meat left over from two days earlier and cooked it up. He instantly ate it. The next day, he was siezed with pains. We took him to the hospital. It was still vacation. The doctors were out. There was a string of bad luck. I didn’t think to tell them about the ground horse-meat. His state worsened. He died. It might have been me who killed him.”

In 1959, a major retrospective of Wols’s oeuvre took place at the Venice biennale. Posthumous glory had begun.

Wols’s informalism is, if you like, a sort of automatic writing. In this sense, he links himself to the surrealist spirit which animated his first works. But Wols far surpasses the surrealist aesthetic. His automatic-ness is moreover “psychological” rather than pictorial. He surpasses surrealism like he surpassed expressionism. He was one of the first abstract expressionists and, long before Zen Buddhism became à la mode, was deeply marked by Chinese mysticism.

It is superfluous
to name God
or to learn something by heart.

When one has seen a path
towards the heavens
the details lose their importance
but remain charming.

A prayer of less than two words
can hold the universe.

The imperceptible penetrates all.

No, these concise poems are not by Lao Tseu, but by Wols.

Concise, meticulous, precise, penetrating — the same adjectives apply to Wols’s engravings as to his poetry. As brief as his “career” may have been, he still found the time to illustrate Kafka (“The Guest of the Dead,” 1948), Antonin Artaud (“Le Théâtre de Séraphin”), Jean Paulhan (“The Scottish Shepherd,” 1948, and “Chinese Poems,” translated by Paulhan), Jean-Paul Sartre (“Visages,” 1948, and “Nourishment,” 1949), Camille Bryen (“City Whale,” 1949), René de Solier (“Naturals,” 1948).

As we can see, this major illustration portfolio was pursued in the two most fertile years for his work, 1948-1949, during which he also accomplished some of his most beautiful paintings.

Wols has already been reunited in the pantheon with Nicolas de Staël, Atlan, and Franz Kline, like him struck down just when their talent was flowering.

Afterward by Paul Ben-Itzak

As the Impressionists, Symbolists, Fauves, Cubists, Nabis, Surrealists, Abstractionists, and even some Abstract Expressionists have become preserved in amber, and contemporary critics tend to focus on their living contemporaries, a whole — and, as Ragon might argue, nuclear (or pivotal) — generation of painters and sculptors from the ’40s through ’50s risks falling into oblivion. Dubuffet’s place in the collective artistic memory is still assured, and the COBRA group for whom Ragon organized the first Paris exhibition in 1951 has not yet been forgotten, but try finding Wols or Atlan in the major museums. (In Paris, the Pompidou Center’s tendency is to overdo it on the epoch’s most famous exponents — as in the monographic 400+ oeuvre-strong Dubuffet exhibition in the early 2000s, in which the museum seemed to be making up for its earlier exclusion of the artist, or the 2015 Wilfredo Lam show which, far from elaborating our understanding of the artist, revealed his limitations — and ignore their contemporaries. (And forget about it if you’re a woman or an American, Stuart Davis for one being conspicuous by his absence.)

Ragon’s journalistic-critical chronicles — with his long view and profound mine of references, Romanesque eye for detail and drama, critical aptitude and clarity, and a style and vocabulary that are erudite without being exclusive — restore, preserve, and revivify a vibrant and animated archive of this history.

Michel Ragon, “Wols,” Jardin des Arts, May 1963. Copyright Michel Ragon.

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